Nouvelles - Santé

Apple acquiert la start-up asthmatique Tueo <b>Health</b>

vendredi 24 mai 2019

Apple a fait l'acquisition de Tueo Health, une petite entreprise en démarrage qui développe un système permettant aux parents de surveiller les ...

Apple rachète Tueo <b>Health</b>, une start-up dédiée au suivi de l&#39;asthme

vendredi 24 mai 2019

Apple continue de s'intéresser sérieusement au monde de la santé. Le fabricant a racheté Tueo Health, une start-up qui développait un système pour ...

Apple a acheté Tueo <b>Health</b>, qui développait une app de suivi de l&#39;asthme

vendredi 24 mai 2019

Tueo Health, jeune pousse qui développait une application de surveillance des symptômes de l'asthme, fait désormais partie de l'aréopage de ...

Gilbert Renaud Wednesday May 22nd 2019

vendredi 24 mai 2019

who passed away peacefully surrounded by his loving family on Wednesday, May, 22d, 2019 at Health Sciences North at the age of 88. Dear son of ...

Les femmes sont moins diagnostiquées pour un AVC mineur que les hommes

vendredi 24 mai 2019

... Dre Amy Yu, MD, co-autrice de l'étude et neurologue spécialisée dans les AVC au Sunnybrook Health Sciences Centre de l'université de Toronto.

Source: mediCMS.be

Pour les médecins

Vous êtes un médecin spécialiste ou un cabinet de médecins spécialistes actifs au Luxembourg?

Contactez-nous!

Je veux m'inscrire sur le site

Articles médicaux

Silhouette et Reproduction: Le rôle de la leptine

sept. 09 2007

Service de Gynécologie-Obstétrique, Université de Liège

Depuis plusieurs décennies, un lien entre réserve adipeuse et reproduction est établi. Un seuil critique de masse grasse est nécessaire au déclenchement pubertaire (Kennedy 1963). Une relation entre obésité et puberté précoce est observée par Zacharias en 1970 et un retard pubertaire est décrit chez les danseuses par Frische en 1974.

La découverte de la leptine en 1994 par Zhang et Friedman permet l’identification pour la première fois d’un lien biologique entre masse grasse et reproduction.

La protéine sécrétée par l’adipocyte renseigne l’hypothalamus sur la réserve adipocytaire de l’individu et constitue un facteur de satiété. L’absence de leptine ou de la forme longue de son récepteur s’accompagne outre d’une obésité et de ses complications habituelles, d’un hypogonadisme hypogonadotrope.  

L’administration de leptine permet de restaurer une prise alimentaire normale chez la souris déficiente en leptine. Elle permet également la reprise de la reproduction.

 Le pendant à ce modèle d’obésité est représenté par la souris db/db caractérisée par une mutation du récepteur de la leptine. La souris db/db présente le même phénotype que le modèle murin ob/ob.

Après la découverte de la  mutation du gène de la leptine chez les murins, celle-ci a été mise en évidence chez l’homme (famille turque et pakistanaise). La thérapeutique par la leptine recombinante a montré une efficacité importante en termes de réduction pondérale mais également en terme de restauration de la fonction gonadotrope altérée également chez l’humain.

La mutation du gène du récepteur de la leptine a également été décrite dans une famille kabyle.

Ce n’est que très rarement que nous sommes confrontés en clinique humaine à ces pathologies génétiques.

Par contre, l’aménorrhée hypothalamique  fonctionnelle est une pathologie plus commune qui établi également un lien entre reproduction et alimentation. Cette pathologie est caractérisée par une absence de cycle menstruel accompagnée d’un taux d’estradiol bas et des gonadotrophines normales ou basses. Les conséquences en sont l’infertilité et la perte osseuses sous l’effet de l’hypo-estradiolémie. L’aménorrhée hypothalamique  fonctionnelle peut s’observer après une perte de poids, lors de la pratique excessive de sport (supérieure à 8 heures par semaine), lors de désordres alimentaires (parfois simple sélection alimentaire). Ces anomalies de comportement entraînent une réduction de la pulsatilité de la LH, également observée expérimentalement lors de l’induction d’hypoglycémie.

Un stress excessif entraîne une élévation du CRH (corticoreleasing hormone) au niveau de l’hypothalamus avec pour conséquence une augmentation du cortisol réalisant une freination de l’oscillateur arqué. Le CRH stimule également directement les endorphines, inhibant ainsi l’oscillateur arqué. Ces différentes inhibitions entraînent une réduction de la pulsatilité de la LH.

L’administration de leptine recombinante à des patientes souffrant d’une aménorrhée hypothalamique a permis d’observer une augmentation de la LH moyenne, de la pulsatilité de la LH, du diamètre folliculaire et du nombre de follicules dominants avec augmentation globale du volume ovarien et du taux d’estradiol (Welt NEJM 2004).

La découverte de la leptine apporte un élément supplémentaire dans la compréhension des mécanismes du contrôle de la prise alimentaire.

Les clés du puzzle de l’homéostasie énergétique se mettent en place.

Les modèles animaux d’obésité, les observations d’obésité après destruction de la région ventro-médiale de l’hypothalamus participent à l’identification de clés essentielles de la régulation énergétique.

Une autre clé importante dans la prise alimentaire est le fonctionnement des systèmes nerveux autonomes. Une diminution d’activité orthosympathique avec une augmentation de l’activité parasympathique est observée dans les modèles d’animaux obèses et explique, en partie la réduction de dépenses énergétiques.

Dans le contrôle de la prise de poids, les glucocorticoïdes jouent également un rôle très important. Chez les animaux surrénalectomisés, l’administration centrale de NPY ne conduit pas à l’obésité.

Les expériences sur l’animal révèlent également l’importance des stéroïdes sexuels et l’importance de l’imprégnation de l’hypothalamus en estrogènes dans la régulation pondérale.

La fixation de la leptine sur son récepteur hypothalamique médial entraîne une activation des neurones anorexigènes contenant notamment la proopiomélanocortine et le CART (cocaine and amphetamine regulated transcript). La leptine réalise une inhibition des neurones orexigènes de l’hypothalamus médial entraînant une diminution de l’expression du NPY et de la protéine agouti (AGRP : Agouti-Related Peptide).

Différents médiateurs comme les orexines et la mélanoconcentrating hormone contrôlent la prise alimentaire et l’activité des systèmes nerveux autonomes.

D’autre part, plusieurs de ces peptides ont une relation avec la reproduction. Le centre de la reproduction est situé à la partie basse de l’hypothalamus au niveau du noyau arqué. Ce noyau arqué consiste une sorte de « pacemaker » qui commande l’axe gonadotrope. Le centre va libérer toutes les 90 minutes du GnRH ( gonadotropin releasing hormone) qui lui-même va agir au niveau de l’hypophyse afin de stimuler la synthèse et la sécrétion des gonadotrophines (FSH et LH). Ces mêmes gonadotrophines vont ensuite réguler la fonction ovarienne. Le centre de reproduction situé au niveau du noyau arqué va être modulé par de nombreux neuropeptides. Le peptide NPY en quantité excessive va réprimer la sécrétion du GnRH. Le CART va activer la sécrétion du GnRH ainsi que l’αMSH issue de la POMC. Cet oscillateur arqué est fortement stimulé par la norepinéphrine et également par la dopamine et est inhibé par les peptides opioïdes (morphine, endorphine). Le rétrocontrôle négatif des stéroïdes s’effectue vraisemblablement par la voie inhibitrice opioïde. Cet oscillateur arqué est stimulé par la lumière et inhibé par l’obscurité. Il est également stimulé par le neuropeptide Y en faible quantité. L’hypoglycémie entraîne également une réduction de la pulsatilité de l’oscillateur arqué.

L’importance dans la régulation pondérale de la présence de glucocorticoïdes est illustrée par l’expérience consistant à surrénalectomiser les animaux. Dans ce contexte, les effets centraux induits normalement par le NPY disparaissent. Par contre, la fertilité n’est pas restaurée. (Savisbury, Diabetes 1996).

L’importance du système nerveux autonome est également constatée dans ces modèles de souris obèses où l’activité sympathique est diminuée au niveau de la graisse brune (tissu important dans la thermogenèse). Par contre, le tonus parasympathique est augmenté.

La castration de femelles de rongeurs entraîne une augmentation de la prise alimentaire et une diminution de l’activité du système sympathique. L’injection d’estrogènes directement dans la structure hypothalamique réduit la prise alimentaire. Si on réalise une surrénalectomie, l’obésité ne se développe pas après la castration (Mook 1972).

Tous ces modèles d’obésité nous permettent de mieux comprendre les contrôles de la prise alimentaire et des dépenses énergétiques chez un individu.

En 2004, un nouvel élément régulatoire est décrit par Pinto dans Science. Il s’agit de la plasticité synaptique. La densité de synapses et les courants post synaptiques dirigés vers les neurones à NPY et POMC sont réduits chez les souris ob/ob par rapport aux souris sauvages et restaurés par l’administration de leptine. La castration de souris sauvages réduit également la densité de synapses qui est restaurée par l’administration d’estradiol. L’administration d’estradiol augmente la densité synaptique chez les souris db/db, suggérant l’existence d’une régulation indépendante de la forme longue du récepteur de la leptine.

En conclusion :

Il existe un lien biologique entre reproduction et nutrition. Une protéine sécrétée par l’adipocyte appelée leptine informe le cerveau des réserves adipocytaires corporelles.

L’insuffisance des réserves adipeuses se manifeste par un hypogonadisme hypogonadotrope caractéristique de l’aménorrhée hypothalamique et réversible après administration de leptine recombinante. La découverte de la leptine et de sa voie d’activation ont permis une avancée dans la compréhension des mécanismes régulant la balance énergétique.

 

Références

-       Zhang Y, Proenca R, Maffei M, Barone M, Leopold L, Friedman JM. Positional cloning of the mouse obese gene and its human homologue. Nature. 1994; 372: 425-431

-       Bray GA, York DA. Leptin and clinical medicine: a new piece in the puzzle of obesity. J Clin Endocrinol Metabol. 1997; 82 (9): 2771-2776

-       Erickson JC, Hollopeter G, Palmiter RD. Attenuation of the obesity syndrome of ob/ob mice by the loss of neuropeptide Y. Science. 1996; 274: 1704-1707

-       Farooqi IS, O’Rahilly S. Monogenic human obesity syndromes. Department of Clinical Biochemistry, University of Cambridge, Addenbrooke’s Hospital, Cambridge CB2 2QQ, United Kingdom. 2005: 409-424

-       Welt CK, Chan JL, Bullen J et al. Recombinant human leptin in women with hypothalamic amenorrhea. NEJM. 2004; 351: 987-997

-       Pinto S, Roseberry AG, Liu H, Diano S Shnabrough M, Cai X, Friedman JM, Horvarth TL. Rapid rewiring of arcuate nucleus feeding circuits by leptin. Science. 2004 Apr 2;304(5667):110-5