U. Gaspard, Prof (Hon) Département de Gynécologie – Obstétrique, ULg, Liège (B).
Le stérilet au lévonorgestrel (LNG-IUS, Mirena) libère quotidiennement pendant 5 à 7 ans au niveau de l’endomètre 20 mcg de LNG / jour, descendant progressivement à 10-12 mcg / j : il entraine de ce fait une atrophie + décidualisation et donc une protection optimale de l’utérus vis-à-vis des oestrogènes endogènes (en périménopause) ou exogènes (administrés en postménopause).
De même, après une période de saignements/ spottings modérés pendant 3 à 6 mois, une aménorrhée progressive s’installe souvent avec un taux plus favorable (> 90 %) que celui atteint avec les oestro-progestatifs combinés-continus.La tolérance métabolique (lipides, glucides, hémostase) est excellente et ses variations dépendent essentiellement de l’œstrogène associé, qu’il soit oral ou transdermique.
La tolérance clinique est supérieure à celle des progestatifs oraux : effets cutanés (acné, séborrhée,..), céphalées et inconfort psychologique sont observés dans 1 à 10 % des cas.Le traitement E2 + LNG-IUS entraine 2 fois moins d’accroissement de la densité mammaire qu’ avec E2 + Progestatif oral ; les études observationnelles montrent dans toutes les tranches d’âge pré-, péri-, et postménopausiques un taux de néoplasies mammaires sous LNG-IUS comparable à celui des témoins.
Il faut cependant rappeler l’effet des progestatifs systémiques en tant que co-promoteurs du cancer du sein, sachant qu’un LNG-IUS entraine des taux sanguins de 150 à 450 pg LNG / ml, alors que l’administration orale de LNG (péri et postménopause) aboutit à des taux environ 10 fois plus élevés : les données sont donc insuffisantes pour être tout à fait rassurantes.
En résumé, tant sur le plan clinique que métabolique et peut-être de la sécurité, l’administration d’un progestatif en péri- et postménopause via un LNG-IUS est une solution optimale. Un stérilet de plus petite taille (pour la facilité d’insertion), libérant une quantité moindre de LNG (tout en restant aussi efficace), est actuellement en développement. Il serait évidemment encore plus adapté dans le contexte postménopausique.